Résumé de l'épisode précédent: Après avoir descendu, puis gravi les pentes du Puits St Pierre en compagnie de Laurent Macle, les participants à la Jurassic Party rejoignent le caveau de dégustation pour une revue de détail de la gamme du domaine Macle.

L1010192En fait de Château Chalon, et sur les supplications assoiffées de certains, c'est par un bon coup de Château...Lapompe que nous débutons la session. Mais pour finir de se désaltérer, rien de tel qu'un Crémant. le 2007 de la maison, pur chardonnay,  une bulle fine, de l'équilibre, la pomme, un chouia de poire. Il tient tout à fait son rôle: désoiffer tout en caressant le gosier.

Côtes du Jura chardonnay ouillé 2008: le vin a passé un an en fût. Un nez flatteur, de la minéralité, du fruit jaune, un chardonnay original avec une finale presque saline... J'aime beaucoup ce vin qui a beaucoup de caractère, le contraire d'un chardonnay passe-partout. Pas de soufre à la mise en bouteille, 2g/hl à la vinification.

Côtes du Jura chardonnay ouillé 2007: 6 mois de fût pour cette cuvée, qui présente des la fraîcheur mais aussi des notes beurrées, de pomme verte, une belle finale sur l'acidité et l'amertume. On est un peu plus proche qu'avec 2008 du blanc traditionnel du domaine, avec une tonalité plus jurassienne.

Côtes du Jura savagnin ouillé 2007: eh oui, même chez Macle on se met à ouiller le savagnin maintenant! (du moins une petite partie du savagnin, le domaine reste quand même l'un des temples de l'oxydatif!)  Un collector, pas commercialisé pour l'instant, une seule pièce produite de ce vin. Robe pâle, des notes végétales, boisées, une petite note discrète de bouillon. Le côté vif du savagnin est un peu gommé par le bois. Il manque un peu de fraîcheur à mon goût.

DSCN9560Retour en terrain plus traditionnel avec le Côtes du Jura  tradition 2007, 85% de chardonnay et 15% de savagnin. Laurent Macle nous explique qu'il met une proportion moins importante de savagnin que ce qui se pratique généralement dans le vignoble, pour préserver le fruité et la rondeur du chardonnay, le savagnin apportant de la complexité et du potentiel de garde. Les 2 vins sont élevés séparément sous voile, et l'assemblage se fait généralement un an avant la mise. Un côté minéral, gentiane pour ce 2007 pour lequel mes notes sont très succintes, mais que j'ai aimé.

Le Côtes du Jura chardonnay sous voile 2006 a un nez très expressif et complexe, un peu croûte de fromage, un côté sauvage. Il est plus rond en bouche, avec moins d'acidité que le précédent, mais une grande finesse.

Le Côtes du Jura tradition 2006 paraît paradoxalement plus arrondi que le pur chardonnay. Un vin bien souple, avec du gras, et la trilogie des arômes classiques, pomme noix, une touche de curry... Inutile de l'attendre longuement,on peut déjà le boire sans arrière-pensée..

Le Château-Chalon 2003, celui de la canicule: beau nez complexe, presque arboisien, très typé vin jaune. Un Château-Chalon rond, puissant, mais sans lourdeur,  étonnement ouvert et prêt à boire à l'heure actuelle. Les raisins ont été vendangés début septembre. Pour ceux qui comme moi attendent au tournant des 6 ans et 3 mois les jaunes de ce millésime totalement atypique, celui de Macle est très réussi et sans faiblesse.

DSCN9562Château-Chalon 1988: Le premier nez s'exprime sur la réduction et un côté fromagé. Le vin est carafé , il s'ouvre alors sur les fruits confits, d'épices douces, et à peine de noix sèche. La bouche est souple et concentrée à la fois, elle laisse une sensation voluptueuse, avec un beau volume rond et une grande longueur. Très beau clavelin d'une grande année, avec encore un grand potentiel de garde...

Fin théorique de la dégustation avec le Macvin, jus de chardonnay 2006 et marc 2000, très fondu, ouvert, épicé. Mais nous en venons à discuter des rouges du domaine (non commercialisés), et Laurent nous fait goûter son poulsard 2009 et son trousseau 2009. Il fait un peu son modeste, ne se dit pas très satisfait du résultat,  mais le poulsard est fringant, gourmand, très agréable sur le fruit, et si le trousseau est encore un peu dur pour l'instant, il montre du potentiel. Ces vins ne sont pas destinés à être commercialisés, ils sont destinés à la consommation familiale et à celle des vendangeurs.

Avant de prendre congé, visite des caves, impressionnante vision de ces caves voûtées ou s'alignent les pièces dans lesquelles 6 millésimes de savagnin s'affinent tranquillement dans la fraîcheur et l'obscurité... Au passage, l'amateur de vieux jaunes contemple avec une lueur d'envie les piles de millésimes anciens... Sur une barrique, trois clavelins rappellent le passé de la maison et témoignent des générations précédentes DSCN9575qui ont oeuvré dans ces caves: Château Chalon 1937 d'Elie Macle, l'arrière grand père de Laurent, Château Chalon 1962 d'Auguste Macle, le grand père, et Château Chalon 1973 de Jean Macle.

Au sortir de cette dégustation, on peut dire que si la barre reste haut plaçée sur les classiques qui ont fait la réputation de la maison, un vent nouveau souffle sur le domaine Macle. L'assemblage sous voile "tradition" et le Château Chalon restent les deux piliers, mais il va falloir compter désormais aussi avec les chardonnay, avec ou sans voile, à suivre de près. Comme un signe pour marquer ce "coming-out", pour les nouvelles cuvées ouillées, le domaine abandonne son éternelle étiquette un peu austère et sans fioritures au profit d'un design plein de fraîcheur et de jeunesse...

Grand merci à Laurent Macle qui a consacré tout l'après midi à nous guider, à nous faire découvrir ses vins et à nous expliquer sa démarche, un accueil chaleureux et généreux qui a donné le ton de cette Jurassic Party. Le soir, on en a remis une couche aux Jardins de St Vincent, ce sera à suivre dans l'épisode trois.