Résumé des épisodes précédents: A peine remise des ses aventures dans les vignes et la cave du domaine Macle et de sa soirée aux Jardins, la Jurassic Party sévit désormais à Montigny. Après une matinée avec Jacques Puffeney,  la fine équipe reprend des forces au Grapiot à Pupillin, puis retour sur zone pour une "petite" visite chez Michel Gahier. On avait prévu l'après midi, on aurait pu y passer la journée. Parce qu'il est terrible, le Michel... Emporté par sa passion et sa générosité, il nous entraîne dans un véritable marathon: pas moins de 33 vins dégustés, et encore, en fin de journée, il a fallu s'arracher fissa parce que les vieux clavelins nous attendaient (on verra ça dans l'épisode 6), alors que Michel avait encore quelques trucs à nous faire goûter... 33 vins, faut s'accrocher, mais là en l'occurrence, c'était que du bonheur. Malheureusement vous n'aurez aucune image de cette dégustation-fleuve, pas un des participants, trop absorbés par les propos de notre hôte et les verres qui se succédaient à cadence soutenue, n'a eu le temps ou la présence d'esprit de prendre la moindre petite photo.

gahierJ'ai juste récupéré sur le net cette image de l'entrée du domaine, c'est pour que vous puissiez le trouver facilement si jamais vous êtes perdus sur la place de l'église à Montigny!

Ploussard 2008: robe claire, limpide, légère réduction, fruit rouge, groseille, poivre.

Trousseau Grands Vergers 2008 (sur fût): Malo terminée en septembre, pas de soutirage depuis la vendange. Le nez est encore très animal, mais le fruit est là. Beau vin avec de jolis tannins.

Trousseau Grands Vergers 2009 (sur fût): Un renard plus léger, beaucoup de matière, de la rondeur, du tannin. Plus de potentiel que 2008.

Trousseau les Messagelins 2009 (sur fût): Vignes de 40 ans. Très peu de réduction, du fruit, et plus de minéralité que sur les Grands Vergers. Très structuré, avec des tannins encore durs. Une touche poivrée au nez. A attendre, me dis-je. Un vin qui n'est pourtant pas taillé pour la garde selon Michel, qui donne son avis sur 2009: bien, mais pas une grande année, car les raisins manquaient d'acidité.

Trousseau le Clouzeau 2009 (sur fût): Un style plus léger, avec un nez ouvert sur le fruit, une bouche fruitée et gourmande et une finale discrètement épicée. Une parcelle située au bas du coteau des Grands Vergers, plantée il y a 25 ans. Michel estime qu'il commence à être suffisamment bon pour mériter une vinification parcellaire.

Trousseau Bérangers 2009 (sur fût): "Ca, c'est fait à l'ancienne" nous prévient-il... Cette petite parcelle de Bérangers est entrée récemment dans le giron du domaine. Durant ces deux dernières années, elle a été "désintoxiquée", le rendement passant de 100 à 28 hl/ha. Cuvaison semi égrappée, élevage en pièces de 30 ans. Un trousseau coloré, une belle présence, une pointe de minéralité, jolie finale épicée. Ce 2009 ne sortira pas sous l'étiquette Bérangers, car Michel trouve qu'il n'exprime pas encore vraiment la finesse de son terroir. "On verra en 2010"... En attendant, la désintox se poursuit. A noter qu'il s'agit du même lieu-dit que les Bérangères de Jacques Puffeney, dans les années 80 le Puff les vendait d'ailleurs sous le nom de Bérangers, j'ignore pourquoi il a féminisé par la suite cette dénomination.

Trousseau Grands Vergers 2005: Je retrouve ce vin déjà commenté ici. Très beau nez avec du fruit et et une première trace d'évolution à peine marquée, une pointe de volatile, la cerise, et un petit côté fumé. Une belle matière, du volume, et des tannins fins et serrés. On sent la maturité de la vendange. De garde.

Trousseau Grands Vergers 2000: Le retour du renard, avec des arômes giboyeux, une attaque souple en bouche, avec une structure acide et tannique qui laisse du potentiel. Les tannins sont fins et la finale présente une petite amertume agréable. Moins de volume que 2005, après dissipation assez rapide du renard, le vin est encore bien sur le fruit pour son âge.

Trousseau Grands Vergers 1999: Un nez fondu, harmonieux, ca pinote, avec des notes tertiaires encore discrètes, un peu de réglisse. les fruits rouges cuits, confiturés. Beaucoup de présence, un vin dense avec de la mâche et un bel équilibre et de la longueur. Très beau trousseau de garde qui commence à entrer dans sa phase d'évolution mais qui laisse pourtant une impression de jeunesse, et conserve beaucoup de potentiel, car l'acidité est présente. (15mg de SO2 à la vendange, 15 mg à la mise).

Trousseau Grands Vergers 2007: Un nez épicé, poivré, de la volatile,  trop à mon goût. Poivré également en bouche, et cerise. Doit encore s'ouvrir.

Chardonnay les Crêts 2009: (sur fût): Nez un peu citronné,, une pointe de levure, la bouche est arrondie, avec une sensation de sucre, fruits jaunes, mirabelle. Finale saline avec une acidité fine. Terroir de marnes rouges.

Chardonnay les Folasses 2009 (sur fût):  Malo en cours. Plus d'acidité, avec une finale amère. un vin plus sur la minéralité. Terroir mixte de marnes et graviers.

Chardonnay la Fauquette 2009 (sur fût): Vin qui reste pour l'instant ouillé pendant qu'il fait sa malo. La prise de voile viendra plus tard. On sent du potentiel: densité, concentration, notes de poire, minéralité. Encore un peu de sucre (3g/l). Parcelle de melon de 45 ans sur marnes grises.

Chardonnay 2006: Assemblage de plusieurs parcelles. Nez flatteur, riche. Miellé.

Chardonnay 2006 Clos Maire: Un vin "technique" nous dit Michel, autrement dit, un vin réalisé selon les préceptes de l'oenologie contemporaine, et donc pas représentatif de la démarche du domaine. J'avoue pourtant avoir apprécié; nez fruité, sur les fruits jaunes, la pêche, un fond de minéralité. Bouche équilibrée, avec une acidité qui tient l'ensemble.

Chardonnay 2005: Assemblage de plusieurs parcelles. nez fin, discret, un peu épicé, assez floral, avec une note de cire, de la minéralité, presque une pointe oxydative. Belle finale fruitée avec un retour d'acidité.

Trousseau 1988 vinifié en blanc: L'OVNI de l'après midi... De la réduction au nez, qui disparait au profit de notes de poire, avec une pointe anisée. Bouche équilibrée, très fraîche, encore beaucoup d'acidité, arôme de fruits jaunes, de miel. Incroyablement jeune pour un vin de plus de 20 ans. Très grande garde.

Chardonnay 1985 vendanges tardives: Le nez dénote la surmaturation et développe un registre oxydatif, sur la croûte de fromage. En bouche, un côté réglissé, demi sec, avec une petite acidité sympa, il me fait penser à un rancio de Rivesaltes blanc. Belle complexité et grande persistance. Vendangé le 15 novembre 1985.

Chardonnay les Crêts 2006:Un nez rond et très fruité, épicé, avec des touches fugaces de cannelle. Attaque en souplesse et joli fondu. Sympathique mais manque un peu de volume. A ne pas garder trop longtemps.

Chardonnay les Crêts 2007 (sur fûts): Encore fermé, avec de l'acidité et de la matière. Du potentiel, bonne longueur.

Chardonnay la Fauquette 2004: Le nez est ouvert mais discret, sur des notes fruitées et un contexte oxydatif peu marqué. Epicé et très rond.

Chardonnay la Fauquette 2005 (sur fût, sous voile): L'élevage sous voile apparaît de façon plus évidente, avec au nez la noisette, les épices, la pomme, une pointe de vernis. Gros volume, très belle longueur et une acidité fine et vive en finale. Encore bien jeune, mais grand potentiel de garde. A mettre en cave pour laisser tout cela s'harmoniser et avoir une très belle Fauquette dans quelques années.

Chardonnay la Fauquette 2002:Dans le même registre que 2005, mais fermé à double tour. Un millésime moins facile, Michel regrette de ne pas l'avoir carafé. Presque une sensation tannique en finale.

Chardonnay la Fauquette 1999: Un petit côté surmaturé au nez, une grande richesse: épices, rhum arrangé, noix de coco, banane. c'est très rond et ça se rapproche d'un savagnin. Grande longueur et beau retour aromatique en finale.A laisser vieillir encore un peu selon Michel.

Savagnin 2007: Le nez épicé, une pointe de noix sans excès, un petit côté végétal mais clairement oxydatif. En bouche c'est vif, belle acidité, un peu court.

Savagnin 2008 (sur fût, sous voile): Le côté oxydatif est moins marqué, le vin semble plus mur que 2007, avec du volume, de la matière et une grosse acidité.

Savagnin 2005 (sur fût, sous voile): Un savagnin destiné à partir en jaune, qui commence à peine à travailler sous voile. Il est en début de parcours, Michel prévoit de le laisser 10 ans en fût. Nez explosif, un peu piquant, raisin de corinthe, noix. Fermé, vif et raide en bouche. beau nez dans le verre vide.

Vin jaune 2002: Déjà ouvert au nez, sur les épices, le raisin sec, mais encore fermé en bouche. Belle pureté, complexité, grande longueur, avec une finale aromatique. L'alcool doit encore se fondre. Prometteur.

Vin jaune 2000: Nez complexe et harmonieux sur la croûte de comté, les fruits secs. déjà bien agréable à boire. une sensation presque tannique.

Vin jaune 1999: On est presque sur des notes d'agrume pour ce jaune en souplesse, déjà fondu, avec une belle amertume en finale. Au nez un côté vanillé, les épices, la noisette.

Les Amoureuses 2005, vin de table: Le vin de paille du domaine, 100% chardonnay, 12°5, ce qui lui ôte le bénéfice de l'appelation. On est sur le raisin sec, le pruneau, les fruits un peu blets. Beau paille, d'une redoutable buvabilité, bien équilibre, même si le sucre domine et l'acidité est moins perceptible que pour le 2003. (Eh oui...) Fin de bouche très suave.

Liqueur d'expédition des crémants: Michel élabore lui-même sa petite potion magique à crémants, sorte de paille hyper concentré. C'est extrêmement sucré, avec des notes inattendues de muscat, de rose et de litchi.

Crémant du Jura: Ouvert par Michel dans l'enthousiasme de cette fin de dégustation mais malheureusement pas assez frais pour qu'on puisse l'apprécier pleinement.

Difficile lorsqu'on n'est pas entraîné à cet exercice de rester concentré tout au long d'une dégustation aussi copieuse. Une certaine saturation s'est fait sentir dans la série des chardonnay, je suis donc peut-être passé à côté de certains d'entre eux. 33 vins, ça permet déjà d'avoir une vue d'ensemble de ce que fait un vigneron... Belle verticale de Grands Vergers, avec mention pour 2005 et 1999, et la confirmation du beau potentiel de garde de ce terroir dans les bons millésimes. Une belle occasion de passer en revue les Fauquette également, 1999 est superbe, et je si j'étais vous, j'encaverai 2005. Du côté des savagnins et des jaunes, j'aime beaucoup le style Gahier, ce sont généralement des vins amples, voluptueux, épicés, déjà agréables à boire dans leur jeunesse avec néanmoins un bon potentiel de garde.

Michel Gahier va arrêter de faire du trousseau générique, d'où l'apparition aux côtés des Grands Vergers d'autres cuvées parcellaires: Clouzeau, Messagelins, et à terme, Bérangers. Le Clouzeau m'a bien plu, dans un style plus en légèreté que les GV.La gamme s'élargit aussi en chardonnay avec les Folasses. A noter, au rayon changement, la disparition programmée de l'étiquette au viaduc, l'habillage est en cours de rénovation. Un grand merci à Michel pour son formidable accueil, et pour les collectors débouchés pour l'occasion, le trousseau blanc 88 et le chardonnay VT 85 sont de très belles bouteilles.