Arbois blanc présumé 1957, Fruitière Vinicole d'Arbois

Quitte ou double la suite: Une bouteille très poussiéreuse, étiquette très abîmée, on peut lire qu'il s'agit d'un Arbois et l'on reconnait une partie de la maxime arboisienne reproduite sur les étiquettes de la fruitière: "... plus on va droit". La collerette a disparu, et le millésime est noté à la craie sur la bouteille. Un niveau bien bas goulot, à 4,2 cm du bouchon, la capsule en étain est en bon état et confirme l'origine du flacon. Ca se passe en 2 épisodes.

Episode 1 : Arbois 57, l'ombre de lui-même...

Au nez ça sent... pas très bon... Le vin semble à l'agonie, dégageant quelques pauvres arômes d'agrumes un peu décomposés. DSCN8823En bouche, pas d'oxydation, mais le vin, probablement un chardonnay, est tout simplement passé. RAS, quitte donc, et on passe à la bouteille suivante... Pendant que la soirée suit son cours, je remets de temps en temps le nez dans le fond de verre, et ô surprise, tel le héros du film qu'on croyait mort et qui recommence à remuer un bras, une jambe et entrouvre un oeil, le bouquet petit à petit s'ouvre, s'affine et s'affirme, sur les agrumes avec une pointe d'eucalyptus. En bouche, le vin gagne de l'assurance, de l'équilibre. Suspense...

Episode 2: La vengeance du chardonnay 57! 

J'y reviens deux jours plus tard, entretemps le fond de bouteille a été gardé sous vide. Le nez est opulent, les agrumes toujours, le chèvrefeuille, et encore cette pointe d'eucalyptus un peu médicamenteuse, mais ça reste léger. Il a finalement du volume, une belle présence, c'est un peu chaud en fin de bouche. Pas la bouteille de l'année, mais ça se tient.
Quitte pour le soir même, on est tous passés à côté, mais double pour ma pomme qui ai eu la chance de le regoûter une fois regonflé: la résurrection fut assez spectaculaire... Moi qui avait tendance à penser que ce que raconte François Audouze de ses vieux vins de haut vol qui reviennent miraculeusement à la vie n'était qu'élucubration d'oeno-nécrophile, là, faut reconnaître, avec ce chardonnay de la Fruitière pourtant bien roturier, force m'est de m'incliner..