Côtes du Jura blanc 1983, Jean Bury, Château Chalon

Voilà ce que c'est que de se lancer dans un blog: à chaque fois que je débouche un canon de Jura, va falloir prendre des notes et faire des photos! Allons-y donc gaiement sur ce blanc 1983 de chez Jean Bury. Le niveau est encore bon, la cire, bien que partiellement brisée, tient très solidement, et le bouchon, quoique totalement imbibé, sort sans problème.

Dans le verre, on découvre une robe bien colorée, et un premier nez fortement dominé par cette odeur de grillé propre aux vieux chardonnay. Y-a-t-il du savagnin là dedans? L'étiquette ne le précise pas,  je n'en décèle pas trace, a priori je dirais pur chardonnay. Le grillé s’estompe un peu, mais reste quand même prédominant.

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Le premier contact avec les papilles se fait en douceur,  texture patinée, volume correct sans plus, mais quelle est donc cette amertume qui pointe dès la prise en bouche ? Fichtre, elle insiste, se déploie jusqu’en finale, l’équilibre est encore pas mal, la longueur aussi, mais cette dominante amère vient fâcheusement polluer le paysage gustatif. Trop c’est trop, verdict sans appel: évolué plus que de raison, trop tard pour bien en profiter.

Ca, c’était à midi. J’y reviens quand même le soir, rebattons les cartes,  les quelques heures d’aération auront-elles changé la donne ? DSCN8718L’attaque reste souple, avec encore cette amertume, mais juste une pointe, elle ne domine plus et est nettement moins dérangeante qu’à l’ouverture. Et le nez s’est ouvert, encore un peu de grillé, mais c’est plus complexe, des notes de bergamote et de fruits jaunes. Pas la bouteille du siècle,  mais le rétablissement mérite d’être salué.

Moralité : la prochaine subira sans barguigner un carafage d’entrée de jeu, histoire de la faire bien respirer.